Jocelyn Akwaba Matignon

Je suis d'ici, je suis d'ailleurs… je suis au monde !
Né en 1961 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, Jocelyn Akwaba Matignon est le fruit d'une rencontre improbable, presqu'interdite. À 4 ans, il quitte la Guadeloupe avec sa mère et grandit à Lille. Il y découvre sa différence, sa couleur.
L'homme qui l'élève s'appelle Francis. Grand dessinateur, pendant la guerre d'Algérie, il dessinait les cartes postales des soldats. Il savait ce que cela voulait dire, mettre une image sur ce qu'on ne peut pas dire. Cette sensibilité-là, il la lui transmet et l’initie au dessin et à la peinture.
À 28 ans, il entre aux Beaux-Arts où il obtient le Diplôme National d’Expression Plastique. Une révélation. Il parcourt les musées d'Europe, découvre Wifredo Lam, Bosch, Pollock et comprend qu'il a quelque chose à dire.
Longtemps, une part de son histoire restera sans visage. Très tôt, lorsqu’il découvre l’identité de son père, son nom d'artiste s'impose à lui comme une évidence : Akwaba rejoint Matignon. Sa mère. Son père. Réunis dans le seul espace où cela était possible : son nom de peintre.
En 2010, une figure lui vient en rêve et se présente à lui comme étant le KiOuKan (Qui, Où, Quand). Être onirique aux multiples membres, conscience mystique qui traverse les temps et interroge notre place entre visible et invisible. Il ne le quittera plus.
Cette même année, il se rend au Guatemala. Seconde révélation. Depuis, il cherche dans les spiritualités mayas, dans la géométrie sacrée, des fils invisibles entre les cultures. Car Jocelyn est avant tout un chercheur de sens.
Ses œuvres intègrent aujourd'hui des collections en Chine, aux États-Unis, en Suisse, au Guatemala, à Dubaï. Il a notamment exposé à Séoul, Miami, Florence, Lausanne, Paris ou au Japon, tout en poursuivant, depuis la Guadeloupe, une recherche artistique profondément liée aux questions de mémoire, spiritualité et de territoires invisibles.
